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Changement climatique et pollution de l’air : des problématiques étroitement liées

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Tous les experts internationaux s’accordent sur la nécessité d’agir conjointement pour répondre à ces défis majeurs de notre siècle en matière de santé-environnement : la pollution de l’air et le changement climatique. Bien qu’ils puissent apparaître comme deux problèmes très différents, ils sont en réalité étroitement liés :d e sorte que réduire les activités polluantes induit également une réduction de nos rejets de gaz à effet de serre. 

Au niveau atmosphérique, climat et pollution interagissent :

• Le climat influence les conditions atmosphériques et météorologiques de formation et d’accumulation des polluants de l’air.

• Certains polluants de l’air comme le carbone suie ou l’ozone, ont aussi un effet sur l’accroissement de l’effet de serre. Ces polluants de l’air viennent s’ajouter aux trois gaz à effet de serre généralement considérés (dioxyde de carbone, méthane, protoxyde d’azote).

• Par ailleurs, polluants de l’air et gaz à effet de serres ont souvent générés par les mêmes activités humaines. Le transport routier représente la première source d’émissions de gaz à effet de serre en Auvergne-Rhône-Alpes, suivis par les activités agricoles, l’industrie et le résidentiel. Ces quatre secteurs d’activité sont également responsables d’émissions de nombreux autres polluants de l’air, réglementés ou non.

• Enfin, les enjeux énergétiques sont indissociables de ceux du changement climatique et de la pollution de l’air. L’utilisation d’énergies fossiles entraine des émissions de polluants atmosphériques et de gazà effet de serre importantes. Agir pour la sobriété et l’efficacité énergétique et pour l’augmentation des énergies renouvelables constitue un bénéfice tant pour la réduction des polluants de l’air que pour les gaz à effet de serre.

Agir simultanément sur le climat et la qualité de l'air

 

Solutions : agir de concert pour l’air et le climat

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Les dérèglements du climat à l’échelle planétaire ont des répercussions bien visibles dans notre région. L'augmentation de la température moyenne et la fréquence des vagues de chaleurs ont une incidence directe sur la pollution de l’air : augmentation des épisodes de pollution, allongement de la saison pollinique et donc sur la santé des habitants. Les actions qui visent à atténuer le changement climatique ont généralement un effet positif sur la qualité de l’air. Mais cela n’est pas systématique. Les politiques de l’air et du climat doivent être établies de manière concertée pour développer des solutions conjointes. A titre individuel, il est aussi possible d’agir !

Schéma air et climat (à intégrer)

Comme le souligne le programme pour l’environnement de l’ONU, améliorer la qualité de l’air constitue une réponse rapide et efficace pour limiter les effets du changement climatique : « La bonne nouvelle est que les modifications immédiates des niveaux de pollution atmosphérique ont également des effets immédiats. Une action rapide pour réduire les polluants climatiques extrêmement puissants et de courte durée de vie : le méthane, l’ozone troposphérique, les hydrofluorocarbones et le carbone noir peuvent réduire considérablement les chances d’aboutir à des points de basculement climatiques dangereux. »

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Le saviez-vous ?
Texte

Les gaz à effet de serre ne contribuent pas tous de la même façon  à l’effet de serre. Certains ont pouvoir de réchauffement plus important que les autres car ils ont une durée de vie dans l'atmosphère beaucoup plus élevée que le CO2. Cette contribution se mesure grâce au Pouvoir de Réchauffement Global (PRG). 
Le CO2 est celui rejeté en plus grande quantité. Mais d’autres gaz, comme le méthane (CH4) ou l'Hexafluorure de soufre (SF6), émis en plus petites quantités, ont des pouvoirs de réchauffement globaux beaucoup plus importants. 
Par exemple le méthane est un gaz 25 fois plus puissant que le CO2 pour l’effet de serre (selon nomenclature 2007).

Titre
Pour aller plus loin

L’évolution de la qualité de l’air résulte de la combinaison des émissions de polluants dans l’air et des conditions 
météorologiques. Il est maintenant avéré que le changement climatique a des incidences sur certains polluants
de l’air et sur les pollens. 

Particules, HAP, CO, COVNM
Les feux de forêts induits par le changement climatique libèrent de nombreux polluants dans l’air tels que les particules, les HAP, le monoxyde de carbone (CO). Par ailleurs l’augmentation des températures va induire une augmentation de la transpiration des végétaux et des émissions de COVNM pouvant avoir des effets sur la formation d’ozone.

Ozone
L’ozone est un polluant secondaire qui résulte de nombreuses transformations chimiques sous l’effet du rayonnement solaire et de la chaleur. Le changement climatique peut avoir un impact sur la pollution à l’ozone à 
trois niveaux : une action sur les concentrations et la disponibilité dans l’atmosphère des précurseurs de l’ozone ; une action sur les processus dynamiques et photochimiques régissant la production d’ozone, sa dispersion et sa destruction dans l’air ; une action sur le transport intercontinental de polluants. L’augmentation de la fréquence et/ou de la sévérité des vagues de chaleur liées au changement climatique, ainsi que les variations d’émissions de COVNM (composés organiques volatils non méthaniques) des végétaux, vont déséquilibrer les mécanismes de formation de l’ozone et potentiellement accroître les concentrations dans l’air.

Pollens
Le changement climatique tendra aussi à augmenter le risque lié à l’exposition aux pollens, notamment pour l’ambroisie, plante allergisante particulièrement problématique en Auvergne-Rhône-Alpes. Selon une étude publiée en 2015 par le CNRS, le CEA, l’INERIS et le RNSA, les concentrations d’ambroisie en Europe pourraient quadrupler d’ici à 2050. Le changement climatique serait responsable des deux tiers de cette augmentation 2.

 

 

Au croisement d’influences climatiques méditerranéenne, océanique, continentale et montagnarde, Auvergne-Rhône Alpes est l’une des régions françaises où la variabilité spatiale et temporelle des paramètres climatiques est la plus grande. Toutefois, l’évolution entre 1960 et 2020 des températures annuelles montre un net réchauffement du territoire régional.

Les chiffres consolidés par l’Observatoire régional climat-air-énergie (ORCAE) intégrant l’année 2020 indiquent, sur la base de la moyenne des 12 stations météo de référence, une augmentation de la température annuelle de près de 2,3°C en 60 ans. (Données ORCAE – traitement AURA-EE, déc. 2021 -calculs effectués sur 12 stations de mesure en région sur la période 1960-2020) En hiver, l’enneigement est en forte baisse dans les Alpes et le Massif central avec par exemple -38 cm au Col de Porte, en Chartreuse (1 326 m d’altitude) selon l’ONERC (Enneigement au Col de Porte en Chartreuse (38) sur les périodes 1961–1990 et 1991–2020, du 20 déc. au 20 mars). La diminution du nombre de jours de gel annuel est également notable : -16 jours en moyenne.

Enfin, les stations de mesure sur l’ensemble de la région montrent une diminution du bilan hydrique (différence entre les précipitations tombées dans une région et l’évapotranspiration potentielle) liée très probablement à l’augmentation des températures. D’après Météo France, bien que l’été 2021 ait été le plus frais et le plus pluvieux depuis 2014, la température moyenne saisonnière reste supérieure à la normale d’environ 0,5°C. En France comme en région, le climat devient globalement plus chaud. Ces évolutions climatiques ont déjà des répercussions sur les écosystèmes, les ressources naturelles et la pollution de l’air. 

L’ORCAE fournit aux acteurs un suivi des indicateurs pour les aider à adapter leur territoire. L’indice Feu Météo renseigne sur le risque «feux de forêt ». On constate en région une augmentation, depuis les années 1980, du nombre annuel de jours de sensibilité météorologique aux feux de forêt pour la majorité des départements observés. Les feux de forêt émettant particules et autres polluants, la potentialité de dégradation de la qualité de l’air suite à des incendies augmente. Le risque « feux de forêt » sur la base de l’évolution de l’indice Feu Météo prépare aussi au risque d’émissions de particules et autres polluants induits par une augmentation des incendies. Inversement, un réchauffement des températures hivernales pourrait réduire les besoins en chauffage et contribuer à une diminution des émissions de polluants en lien avec la combustion.

Les effets déjà visibles  du changement climatique  en Auvergne-Rhône-Alpes

C : Jours pendant lesquels la température maximale dépasse 25°C (ORCAE).

Même si la plupart des secteurs d’activités voient leurs émissions de gaz à effet de serre diminuer, l’accroissement de certains usages comme la climatisation seront générateurs de pollution supplémentaire. 

L’ozone est un polluant estival, en lien direct avec le rayonnement solaire. Aussi, un accroissement de l’ensoleillement et de la chaleur pourrait augmenter le niveau moyen d’ozone ce qui aura une incidence directe sur la survenue des épisodes de pollution à l’ozone. Outre l’impact sanitaire, ce phénomène pourrait contribuer à diminuer le rendement des cultures et accroitre un peu plus l’effet de serre. 
De plus, avec des étés plus secs, les feux de forêts pourront être plus nombreux, générant des émissions supplémentaires de HAP, mais aussi de particules, CO, COVNM… 

En hiver, en cas d’augmentation des périodes anticycloniques associées à des inversions de température(le lien est externe), les épisodes de pollution (en lien avec le chauffage individuel au bois peu performant), notamment dans les vallées alpines, pourraient s’intensifier. 
Par ailleurs, l’augmentation de zones désertiques engendrera des épisodes de particules sahariennes, particulièrement dans le sud de la région. 

La modification du climat devrait s’accompagner de nouvelles maladies ou insectes ravageurs à traiter : le recours aux pesticides constitue un risque de pollution supplémentaire. 

Les pollens sont reconnus comme indicateur du changement climatique : leur concentration suite la courbe à la hausse des températures moyennes. 
Ainsi, nos régions verront  sans nul doute : 

  • Une extension des zones propices au développement de plantes allergisantes, particulièrement l’ambroisie 

  • Des saisons polliniques allongées avec des printemps plus doux 

  • Enfin, avec l’augmentation des concentrations de CO2 et son rôle dans la croissance des plantes, les quantités de pollens d’espèce invasives telles que l’ambroisie, seront en augmentation. 

La loi de transition énergétique pour la croissance verte promulguée en août 2015 renforce la mise en œuvre de politiques croisées adressant conjointement les enjeux de pollution de l’air, de changement climatique et de transition énergétique. C’est notamment cette loi qui a instauré :

• L’élaboration de Plans Climat Air Énergie Territoriaux (PCAET) afin d’associer pleinement la qualité de l’air aux enjeux climatiques et de transition énergétique (art. 188).

• La révision des objectifs de réduction des émissions polluantes dans le cadre du PREPA – Plan National de Réduction des Émissions de Polluants Atmosphériques (art. 64).

• L’accélération du renouvellement du parc automobile et le développement de la mobilité propre.

• La possibilité pour les maires de mettre en place des zones à circulations restreintes (devenues des ZFE suite à la loi d’orientation des mobilités).

Par ailleurs, la loi NOTRe d’août 2015 instaure l’élaboration d’un Schéma Régional d’Aménagement, de Développement Durable et d’Egalité des Territoires (SRADDET) pour chaque région française. Ce schéma permet d’associer les enjeux conjoints de l’air, du climat et de l’énergie. Ainsi à l’échelle d’une région et de ses intercommunalités, le SRADDET et les PCAET sont les deux outils de planification qui permettent d’aborder de manière cohérente et harmonisée les enjeux croisés air-climat-énergie. Concrètement, la réduction des émissions de gaz à effet de serre et de polluants de l’air peut s’inscrire dans un vaste champ d’actions portant sur l’efficacité énergétique, le développement des énergies renouvelables, la mobilité, la consommation responsable, l’aménagement du territoire, etc.

Les bénéfices de politiques combinant air-climat-énergie.

Les politiques croisées air-climat-énergie visent des cobénéfices pour la santé humaine, les écosystèmes et une meilleure gestion des coûts. Pour autant, la complexité des interactions entre pollution atmosphérique et changement climatique peuvent induire dans certains cas des effets antagonistes. Par exemple, le brûlage de la biomasse, énergie renouvelable dont le développement est indispensable pour atteindre nos objectifs en production d’énergies renouvelables, peut, s’il est mal réalisé, entrainer des surémissions de particules fines.

Une approche transversale air-climat-énergie doit permettre de valoriser les synergies air-climat et de maîtriser des effets antagonistes. Cette approche dite «gagnant-gagnant» est clairement affirmée par l’Union Européenne depuis 2013 dans le cadre de la stratégie relative à l’adaptation au changement climatique.

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